La recherche de mots-clés à l'international consiste à chercher, pour chaque pays et chaque langue, les mots que les internautes tapent vraiment, dans les données de ce marché, au lieu de traduire une liste existante. Nos propres chiffres montrent pourquoi : sur les 37 sujets que nous avons prévus à la fois pour la France et l'Allemagne, 3 seulement ont le même mot-clé principal. Avec l'Espagne, c'est 1 sur 35 ; avec les États-Unis, aucun sur 21. Voici notre méthode, nos données Semrush et les réglages d'outils qui évitent les erreurs les plus courantes.
Ce que recouvre la recherche de mots-clés à l'international
Toute recherche de mots-clés répond à trois questions : avec quels mots les gens cherchent-ils votre sujet, combien de fois, et qui occupe déjà les premières places ? À l'international, vous posez ces trois questions à nouveau pour chaque marché visé, avec les données de ce marché. Si vous débutez, notre guide pour choisir ses mots-clés explique les notions de base : intention, longue traîne, volume, difficulté.
Il faut tout reprendre parce que Google choisit ses résultats selon la langue et le lieu. Selon Google, la langue de la requête détermine celle de la plupart des résultats : une requête en français renvoie surtout des pages en français. La position, l'historique et les paramètres de recherche comptent aussi. Google donne lui-même un exemple : la requête « football » montre sans doute du football américain à Chicago et la Premier League à Londres. Le même mot peut donc poser deux questions différentes dans deux pays.
Un marché, c'est donc un pays et une langue : la France, la Belgique, la Suisse romande et le Québec partagent le français, mais chacun a sa base de données dans les outils.
Notre plan : la France face à trois autres marchés
Plusieurs sujets figurent dans les quatre marchés. Voici six d'entre eux, avec le mot-clé principal retenu dans chaque pays :

Le même mot-clé principal est rare :
- France et Allemagne : 3 sujets sur 37 (« hreflang », « seo international » et « seo vs sea »).
- France et Espagne : 1 sujet sur 35 (« hreflang »).
- France et États-Unis : aucun sur 21.
Seuls des termes techniques restent identiques ; tout le reste change d'un pays à l'autre.
Même sujet, autre requête : ce qui change
Face aux trois autres marchés, les requêtes françaises s'écartent de cinq façons.
- Un autre angle. Pour transformer la voix en texte, la France cherche une « dictée vocale » (720 recherches par mois, KD 30) et l'Espagne un « dictado por voz » (480, KD 33). En Allemagne, la requête parle de conversion : « sprache zu text » (1 300, KD 24). Même chose pour Word : « dictée vocale word » en France, « diktieren in word » en Allemagne.
- Une autre intention. « agent ia gratuit » (590, KD 25) cherche un agent gratuit ; l'allemand « ki agenten erstellen » (1 300, KD 30) veut en construire un. Pour transcrire un fichier audio, notre mot-clé français contient aussi « gratuit » : « transcription audio en texte gratuit », avec 5 400 recherches par mois, le plus gros volume des quatre marchés pour ce sujet.
- Un autre vocabulaire de métier. Le suivi des résultats SEO s'appelle « kpi seo » en France (720, KD 20) et « seo reporting » en Allemagne (1 000, KD 15). La refonte d'un site devient « migration seo » en France (590) et « website relaunch seo » en Allemagne (590). Ce qu'il faut vérifier lors d'une refonte est détaillé dans notre checklist de migration SEO.
- Un autre périmètre. En France comme en Allemagne, on automatise des processus : « automatisation des processus » (1 300, KD 36), « prozesse automatisieren » (480, KD 20). En Espagne, la requête retenue parle de flux de travail : « automatización del flujo de trabajo » (390, KD 20).
- Un autre ordre et une autre graphie. La France écrit « pricing lovable » (210, KD 21), l'Allemagne et l'Espagne « lovable pricing ». Pour relier n8n au protocole MCP, la requête française s'écrit « n8n-mcp », avec un trait d'union ; l'allemande et l'espagnole, « n8n mcp ».
Questions, « gratuit » et « IA » : la forme des requêtes françaises
Nous avons aussi compté quelques signaux dans tout le plan, mots-clés principaux et secondaires (207 mots-clés différents pour la France) :
| Signal | France | Espagne | Allemagne | États-Unis |
|---|---|---|---|---|
| Mots-clés principaux avec une question | 6 sur 68 | 12 sur 66 | 5 sur 76 | 25 sur 95 |
| Mots-clés principaux avec « gratuit », « gratis », « kostenlos » ou « free » | 5 sur 68 | 2 sur 66 | 0 sur 76 | 3 sur 95 |
| Tous les mots-clés avec « ia » (« ki » en allemand) | 19 sur 207 | 18 sur 196 | 48 sur 240 | aucun |
| Tous les mots-clés avec « ai » | 7 sur 207 | 6 sur 196 | 5 sur 240 | 16 sur 222 |
- Peu de questions. Les Américains tapent souvent « how to… » ou « what is… ». En France, 6 mots-clés principaux sur 68 contiennent une tournure interrogative, et la moitié la met après le sujet : « n8n c'est quoi », « vibe coding c'est quoi », « no code c'est quoi ». Un titre français n'a donc pas besoin d'être une question. Si la requête demande une définition, donnez-la dans les premières lignes.
- Beaucoup de « gratuit ». Avec 5 mots-clés principaux, la France est le marché de notre plan où « gratuit » revient le plus souvent dans la requête principale. Une page qui ne présente que des offres payantes répond mal à ces recherches.
- « IA » plutôt que « AI ». Les 7 mots-clés français avec « ai » sont des noms : deux produits (« lovable ai », « heygen ai en français ») et cinq fois les « AI Overviews » de Google. Écrivez donc « IA » dans vos titres, et « AI » seulement dans un nom propre.
- La langue ou le pays dans la requête. « heygen ai en français » (170, KD 30) et « ai overview france » (320, KD 25) sont des mots-clés principaux de notre plan. L'internaute veut savoir si l'outil ou la fonction marche pour lui, en français ou en France. Les Allemands font de même avec « deutsch », par exemple « whatsapp transkription deutsch » (1 000 recherches par mois). Une page testée dans la langue du lecteur répond exactement à cette question.
Les concurrents changent aussi d'un pays à l'autre
Même pour des requêtes proches, ce ne sont pas les mêmes sites qui sont en tête. Pour chaque mot-clé principal, nous avons gardé les dix premiers domaines enregistrés par Semrush dans la base du pays, puis comparé les marchés deux à deux :
| Comparaison | Sujets communs | Domaines communs en moyenne | Sujets sans aucun domaine commun |
|---|---|---|---|
| France et Allemagne | 37 | 1,6 | 9 |
| France et Espagne | 35 | 1,9 | 5 |
| France et États-Unis | 21 | 1,5 | 4 |
- Les points communs sont surtout des plateformes. youtube.com apparaît dans les deux listes pour 21 des 35 sujets franco-espagnols et pour 17 des 37 sujets franco-allemands. Viennent ensuite des pages d'aide (support.google.com, support.microsoft.com), le Google Play Store et quelques outils comme happyscribe.com.
- « hreflang » : même mot, autres sites. La France et l'Allemagne partagent la requête, mais aucun domaine de leurs deux top 10. Avec l'Espagne, le seul domaine commun est youtube.com.
- Les marques rapprochent les marchés. Pour « pricing lovable » et « lovable pricing », la France partage trois domaines avec l'Allemagne, dont le site de l'éditeur.
Un site bien placé en Allemagne ne dit donc presque rien de vos concurrents en France. Faites l'analyse pour chaque marché ; notre guide sur les mots-clés des concurrents montre comment.
Belgique, Suisse, Québec : d'autres bases, d'autres mélanges
Notre plan s'appuie uniquement sur la base France de Semrush. Si vous visez aussi la Belgique, la Suisse ou le Canada, ce sont d'autres marchés, avec trois points d'attention.
Des bases de taille très différente. Semrush compte 142 bases géographiques. À la mi-octobre 2026, son Keyword Magic Tool annonçait 1,9 milliard de mots-clés sur ordinateur pour la France, 1,6 milliard pour le Canada et 133 millions pour la Suisse. Dans une petite base, vous trouverez moins de requêtes rares et plus souvent aucun chiffre. Un mot-clé sans volume en Suisse n'est pas forcément un mot que personne ne tape.
Des volumes qui mélangent les langues. Dans l'Outil de planification des mots clés de Google, le nombre moyen de recherches mensuelles est calculé par défaut sur 12 mois, « toutes langues confondues », pour la zone géographique choisie. Le paramètre de langue sert à trouver des idées ; le volume, lui, suit le lieu. C'est notre lecture de l'aide de Google : en Belgique, en Suisse ou au Canada, le volume d'une marque ou d'un terme anglais comme « vibe coding » compte les recherches de toutes les communautés linguistiques. Google cite lui-même l'exemple d'internautes suisses romands : réglez alors le lieu et la langue.
Des volumes qui ne s'additionnent pas. Google précise que ses volumes sont arrondis : si vous affichez des idées pour plusieurs zones, les volumes ne s'additionnent pas toujours comme prévu. N'additionnez donc pas France, Belgique et Suisse pour obtenir un « marché francophone ».
Formats de nombres, codes fr-BE, fr-CH et fr-CA, structure des URL : tout cela est expliqué dans nos guides du SEO international et des balises hreflang et canonical.
Régler les outils : pays, langue, base de données
- Semrush. Choisissez la base du pays avant chaque recherche. Selon Semrush, le volume de sa base principale est national : c'est le total des recherches des 12 derniers mois divisé par 12, mis à jour chaque mois, mobiles et ordinateurs confondus. Pour une région ou une ville, le champ « Sélectionner un emplacement » donne un volume local, mais pour un seul mot-clé à la fois. Le volume mondial, lui, est la somme de toutes les bases régionales : il ne sert à rien pour un seul marché.
- Outil de planification des mots clés de Google. Dans les « Paramètres géographiques », indiquez un pays, une région ou une ville ; si vous les supprimez tous, le ciblage passe à « Tous les pays ». Les « Paramètres linguistiques » choisissent la langue des idées, les « Paramètres des réseaux » la recherche Google seule ou avec ses partenaires. Google demande d'ajouter des informations de facturation pour accéder aux fonctions de base.
- Google Trends. Les données sont normalisées par lieu et par période, sur une échelle de 0 à 100. Deux régions avec la même proportion de recherches n'ont pas forcément le même volume, et les termes peu recherchés s'affichent avec « 0 ». Pour comparer deux pays, cliquez sur « Modifier les filtres » à côté de chaque terme ; pour réunir deux langues, reliez les termes avec « + ».
- Variantes d'écriture. Trends ne regroupe ni les fautes d'orthographe, ni les variantes orthographiques, ni le singulier et le pluriel. Semrush affiche aussi une ligne par graphie : notre plan contient par exemple « ia compte rendu réunion » et « ia compte rendu reunion » avec des chiffres différents. Le guide pour choisir ses mots-clés détaille ces variantes.
- Search Console. Après la mise en ligne, le rapport sur les performances affiche une dimension « Pays ». Vous y voyez ce que chaque marché tape vraiment pour arriver chez vous.
Voir les résultats de Google comme dans le pays visé
Pour savoir qui est en tête dans un pays, regardez les résultats qu'y obtiennent les internautes. L'aide de Google décrit la marche à suivre sur ordinateur et dans l'appli Google pour Android : ouvrez les paramètres de recherche, faites défiler jusqu'à « Paramètres de région », sélectionnez une région, puis cliquez sur « Enregistrer ».
L'adresse du site de Google ne suffit pas. Depuis le 27 octobre 2017, c'est votre position qui détermine le pays des résultats ; taper google.be ou google.ch dans la barre d'adresse ne change plus de pays. Google estime votre position à partir de plusieurs sources : la position de votre appareil, les adresses de domicile et de travail de votre compte, votre activité précédente et votre adresse IP. La source utilisée s'affiche au bas de la page de résultats, par exemple « D'après votre adresse Internet ».
Quelques règles pour des vérifications propres :
- Fenêtre privée, sans compte connecté, pour que votre propre historique pèse moins.
- Pas besoin de VPN : le réglage de région est la méthode que Google décrit lui-même.
- À la main. Les règles de Google contre le spam rangent dans le trafic automatisé l'envoi de requêtes automatiques à Google, y compris le scraping des résultats pour vérifier un classement.
- France et Suisse n'ont pas la même page. Google réserve certaines fonctions de la page de résultats à l'Espace économique européen (EEE), par exemple pour les hôtels, les vols, les établissements locaux, les produits et les offres d'emploi. La France et la Belgique en font partie, la Suisse et le Canada non. Pour ces requêtes, la page peut donc avoir une autre forme à Genève qu'à Paris.
Comparer les chiffres entre pays sans se tromper
Trois règles pour comparer deux pays :
- Un outil, une date. Semrush, Google et les autres outils ne calculent pas de la même façon. Comparez les pays dans un seul outil, avec des chiffres du même jour.
- La difficulté dépend du marché. « hreflang » a un KD de 31 en France, de 13 en Allemagne et de 35 en Espagne. Dans notre plan, le mot-clé principal français était plus facile que l'allemand pour 14 sujets communs sur 37 et plus difficile pour 22. Face à l'espagnol, c'était 14 contre 20 ; face à l'américain, 10 contre 10.
- Le volume aussi. Le mot-clé français avait plus de recherches que l'espagnol pour 26 sujets communs sur 35, que l'allemand pour 16 sur 37, mais que l'américain pour 4 sur 21 seulement.
Comme nous avons choisi exprès des mots-clés faciles, ces chiffres ne sont pas une loi du marché. Ils montrent seulement qu'un sujet encombré dans un pays peut être ouvert dans le pays voisin, et inversement.
Faux amis et noms ambigus
Une base étrangère renvoie aussi des requêtes sans rapport avec votre sujet. En construisant notre plan, nous avons écarté à la main, par exemple :
- « VTT » : le vélo tout terrain, et non le format de sous-titres WebVTT ;
- « réunion » : l'île de La Réunion, et non une réunion de travail ;
- « dictée » : l'exercice scolaire, et non la dictée vocale ;
- « Otter » : l'animal, et non le service de transcription Otter.ai ;
- « transcript » : les relevés du fisc américain (IRS) ;
- « SRT » : un modèle de voiture Dodge.
Les marques aussi peuvent être ambiguës. « Make » est un verbe anglais courant ; dans notre plan, le nom porte donc un complément dans chaque marché : « make automatisation » (590, KD 19) en France, où « make automation » a même plus de recherches (880), « make.com pricing » aux États-Unis et en Allemagne, « make automatizacion » en Espagne.
Seule une personne qui comprend la langue repère ces erreurs : relisez chaque liste avant d'additionner des chiffres.
Erreurs fréquentes et liste de contrôle
Les erreurs les plus fréquentes : traduire la liste, traiter le français comme un seul marché, additionner les volumes de plusieurs pays, comparer des chiffres venus d'outils différents, se fier au seul volume, ou taper google.fr dans la barre d'adresse au lieu d'utiliser le réglage de région.
Notre méthode, en dix étapes :
- Fixer les marchés : un pays et une langue à chaque fois.
- Partir des sujets, pas d'une liste de mots-clés toute faite.
- Choisir la base du pays dans Semrush, le lieu et la langue dans l'outil de Google.
- Chercher la requête propre à chaque marché : angle, intention, vocabulaire.
- Vérifier les variantes : accents, ordre des mots, terme anglais ou français, « gratuit ».
- Écarter à la main les faux amis et les noms ambigus.
- Regarder les résultats à la main avec le réglage de région.
- Identifier les concurrents dans chaque marché.
- Comparer les chiffres dans un seul outil et noter la date.
- Après la mise en ligne, suivre la Search Console par pays.
