Si votre site a une seule version espagnole, étiquetez-la hreflang="es". Si vous créez des pages par pays, chacune reçoit son code, comme es-ES pour l'Espagne ou es-MX pour le Mexique, et l'une d'elles garde en plus le es générique pour tous les autres hispanophones. Évitez es-419 : c'est bien le code de l'espagnol d'Amérique latine, mais Google ne l'accepte pas dans hreflang. Le 17 octobre 2026, nous avons relevé les balises de 24 entreprises françaises qui ont des pages en espagnol : 13 n'utilisaient aucun es générique.
La réponse courte
- Une version espagnole pour tous :
es. - Espagne et Amérique latine séparées :
es-ESpour l'Espagne,espour la page latino-américaine, qui sert alors aussi les hispanophones des autres pays. - Une page par pays :
es-ES,es-MX,es-ARet ainsi de suite, plus unesgénérique, qui peut être l'une des pages pays. - Espagnol pour les États-Unis :
es-US; pour Porto Rico,es-PR. - Jamais :
es-419,es-LA(c'est le Laos),es-SP(n'existe pas) nies_ESavec un tiret bas.
Les règles de base restent les mêmes : chaque version cite toutes les autres et elle-même avec des URL complètes, les liens vont dans les deux sens, x-default désigne la page de secours et la balise canonical de chaque version pointe vers elle-même. Nous les montrons avec le code de notre site dans le guide complet de la balise hreflang. Ici, il s'agit de ce que l'espagnol complique.
Ce que Google accepte comme valeur
La page de Google sur les versions localisées, mise à jour le 24 septembre 2026 dans sa version française, fixe les règles :
- D'abord la langue, ensuite le pays, facultatif. La langue suit la norme ISO 639-1 (
es), le pays la norme ISO 3166-1 alpha-2 (ES,MX,US…), avec un tiret entre les deux. - Rien d'autre. Les codes absents de ces deux normes, écrit Google, « comme es-419, ne sont pas acceptés ».
- La casse ne compte pas :
es-mxetes-MXsont identiques pour Google. - Un pays seul n'est jamais valide. Le premier code est toujours une langue.
- Seulement des codes officiellement attribués. Google ignore les codes réservés à autre chose, comme EU, UN ou UK.
- Hreflang ne fixe pas la langue de la page. Google n'utilise ni hreflang ni l'attribut
langpour la détecter ; hreflang lui dit seulement quelle version montrer à quel public.
es-419 : une étiquette valide que Google refuse
es-419 associe l'espagnol à la région 419 des Nations unies, « Amérique latine et Caraïbes ». La norme des étiquettes de langue, BCP 47 (RFC 5646), prend justement cet exemple : un contenu espagnol utilisable dans toute l'Amérique latine. L'IANA a enregistré es-419 le 15 juillet 2005 sous le nom « Latin American Spanish », pour l'espagnol latino-américain neutre que visent souvent les traductions d'entreprise.
Selon la division de statistique de l'ONU, la région 419 compte 52 pays et territoires, dont le Brésil, Haïti, la Jamaïque et Porto Rico. Les États-Unis n'en font pas partie, l'Espagne non plus.
La norme HTML accepte es-419, puisqu'elle demande seulement une étiquette BCP 47 valide. Google, lui, n'accepte dans hreflang que des codes pays à deux lettres, et 419 est un numéro de région de l'ONU. Si le code paraît officiel, c'est qu'on le croise partout :
- Chez Google : la version française de la page qui refuse
es-419liste dans son propre en-tête une versionhreflang="es-419"de sa documentation, à côté dees. - Chez DeepL : son interface de programmation propose
ES-419, « Spanish (Latin American) », à côté deES-ES. - Dans WordPress : l'extension Polylang associe ce code DeepL à ses 13 variantes latino-américaines de l'espagnol.
Google ne documente pas ce qu'il fait d'une valeur es-419 : ne construisez rien dessus. Vous pouvez traduire vers un espagnol latino-américain neutre ; seule l'étiquette change : es, ou des codes pays comme es-MX.
Quatre configurations qui fonctionnent
Google prend lui-même le cas d'un site lancé en .fr qui ajoute des versions pour le Mexique (.mx) et l'Espagne (.es) : le plus important est de relier chaque nouvelle version au site .fr dans les deux sens, plus que de relier les deux versions espagnoles entre elles. Voici les liens d'un site français qui ajoute l'Espagne et le Mexique et utilise la page mexicaine comme version générique :
<link rel="alternate" hreflang="fr" href="https://www.exemple.fr/">
<link rel="alternate" hreflang="es-ES" href="https://www.exemple.fr/es-es/">
<link rel="alternate" hreflang="es-MX" href="https://www.exemple.fr/es-mx/">
<link rel="alternate" hreflang="es" href="https://www.exemple.fr/es-mx/">
<link rel="alternate" hreflang="x-default" href="https://www.exemple.fr/">Ces cinq lignes figurent à l'identique sur les trois pages. Les quatre configurations courantes :
- Une version espagnole :
fr,esetx-default. C'est la plus simple, et celle qui convient à la plupart des petits sites. - Espagne et Amérique latine :
es-ESpour l'Espagne,espour la page latino-américaine. - Une page par pays : un code par page, plus
essur l'une d'elles, comme ci-dessus. Google recommande cette URL générique dès que plusieurs pages visent la même langue dans des pays différents. - Espagne et page commune pour l'Amérique latine :
es-ES; sur la page commune, les codes des pays qu'elle sert vraiment, etes.
Ce que font 24 entreprises françaises
Le 17 octobre 2026, nous avons ouvert une fois la page d'accueil en français de 50 entreprises françaises connues qui proposent une version espagnole, en respectant le fichier robots.txt de chaque site, et relevé les balises hreflang de l'en-tête HTML. La sélection est la nôtre, ce n'est pas un échantillon aléatoire.

Onze sites ont refusé notre requête, et nous n'avons pas contourné ce refus ; deux autres n'ont pas répondu correctement et un dernier nous a renvoyés vers sa page en anglais. Sur les 36 pages en français lues, 7 n'avaient aucune balise hreflang dans l'en-tête (elles peuvent figurer dans un sitemap, que nous n'avons pas vérifié) et 5 ne mentionnaient pas l'espagnol. Restent 24 entreprises :
esseul : 9, dont Accor, Brevo, Criteo, Dassault Systèmes, Ledger, Ouigo et PayFit.eset des codes pays : 2. Deezer étiquette sa page espagnolees-ESet sa page mexicainees, qui sert donc de version générique ; OVHcloud combinees-eset une pagees.- Codes pays seulement : 13. Sept n'ont qu'une page espagnole, étiquetée
es-ES; six ont entre 2 et 14 pages espagnoles par pays.
Aucune n'utilisait es-419, es-US ou un tiret bas. Dix écrivent le pays en minuscules (es-es), ce qui ne pose aucun problème ; huit n'avaient pas de x-default. Avec la même méthode, nous avions trouvé seulement des codes pays chez 5 de 18 grands sites internationaux le 13 octobre, et chez 18 de 29 entreprises d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse le 16 octobre. Ce sont trois instantanés de sélections différentes, pas un classement entre pays.
Codes pays sans es : le cas le plus fréquent
Une page unique étiquetée es-ES n'est pas forcément une erreur. Quatre des sept sites concernés sont sur un domaine .es, et Google traite un domaine national comme le signe qu'un site vise ce pays. Si votre version espagnole ne sert que l'Espagne (prix, livraison, conditions de vente), es-ES est honnête. Si elle s'adresse à tous les hispanophones, comme souvent pour un logiciel ou un site de marque, es-ES la réserve à l'Espagne : un lecteur de Mexico ou de Bogotá ne correspond à aucune de vos valeurs, et c'est Google qui choisit pour lui. Écrivez alors es.
Avec plusieurs pages pays, l'oubli est plus net. C'est exactement le cas pour lequel Google recommande une URL générique : dans son exemple, des pages pour l'Irlande, le Canada et l'Australie, plus une page en pour les anglophones de tous les autres pays, qui peut être l'une des pages existantes. Dans notre relevé, un institut d'études liste 14 pages espagnoles par pays, une marque de cosmétiques 12 et un voyagiste 8, chaque fois sans es.
La correction tient en une ligne : ajoutez es à la page qui convient le mieux à tous, souvent la page mexicaine ou latino-américaine, comme le fait Deezer. Cette ligne doit figurer dans la liste de chaque version, la française comprise, sinon le lien de retour manque.
Amérique latine et États-Unis
Une page latino-américaine commune est légitime si elle sert vraiment les pays qu'elle liste, avec des contacts, des revendeurs ou une livraison. Étiquetez-la avec leurs codes et ajoutez es, sur cette page ou sur une page espagnole générale. Deux erreurs relevées le 16 octobre sur des sites d'entreprises allemandes montrent les risques des longues listes :
- Trop de pays : un éditeur de logiciels attribue 26 codes espagnols à sa page latino-américaine, dont le Brésil, Haïti, le Suriname et les îles Cocos, que l'ONU classe en Océanie.
- Des codes espagnols sur une page portugaise : un groupe technologique étiquette sa page brésilienne
pt-BRetpt-PT, mais aussies-BRetes-PT.
Pour les États-Unis, le code est es-US, et Porto Rico, qui a son propre code pays, prend es-PR. La région 419 inclut Porto Rico, mais pas les États-Unis. Sans page pour les États-Unis, une page en es accueille aussi les hispanophones américains ; avec seulement es-ES et des codes latino-américains, ils n'ont aucune correspondance.
Les codes qui ne fonctionnent pas
es-LA: LA est le code du Laos, et les logiciels affichent « espagnol (Laos) ». L'abréviation vient de l'ancienne locale Facebookes_LA, que Polylang associe encore à neuf variantes latino-américaines.es-SPetes-CE: ces régions n'existent pas dans le registre IANA ; l'Espagne estES. Le 13 octobre, un grand distributeur international les utilisait pour ses sites des Canaries et des Baléares.es-ICetes-EA: les Canaries, puis Ceuta et Melilla. Ils figurent dans le registre IANA, mais ce ne sont pas des codes pays officiellement attribués. Écrivezes-ES.es_ES,es-EU,es-LATAM: le tiret bas vient des locales logicielles, EU est un code réservé que Google ignore, LATAM n'est pas un code pays.
Vérifiez aussi le reste de la liste. Dans notre relevé français, les fautes touchaient surtout d'autres langues : uk-en (de l'ukrainien pour une région « EN » qui n'existe pas) et en-uk au lieu de en-GB, cz-cz (le tchèque est cs) et, chez un constructeur automobile, une URL espagnole précédée d'un guillemet encodé (%22https://…), donc inutilisable.
Catalan, basque et galicien
Ce sont des langues à part entière, avec leurs propres codes : ca (le registre IANA l'associe au catalan et au valencien), eu pour le basque, sans rapport avec l'Union européenne, et gl pour le galicien. Un code pays ne sert que si vous avez plusieurs versions par pays, par exemple ca-ES. Ouigo en donne un exemple dans notre relevé : sa page d'accueil cite fr, es et ca-es pour sa version catalane. Attention au piège inverse : es-CA désigne l'espagnol pour le Canada.
WordPress, PrestaShop et Shopify
Beaucoup d'erreurs viennent des réglages par défaut. D'après la documentation et le code source de ces outils, consultés en octobre 2026 :
- WPML ajoute hreflang automatiquement, sans pays par défaut : l'espagnol sort en
es. Pour un pays, vous écrivez la valeur dans le champ hreflang de la langue, et WPML ne vous avertit pas d'une valeur invalide. - Polylang écrit
esavec une seule langue espagnole. Avec deux, par exemple espagnol d'Espagne et du Mexique, il écrites-ESetes-MX, sansesgénérique. Le filtrepll_rel_hreflang_attributespermet d'en ajouter un. - PrestaShop écrit, dès que deux langues sont actives, le « Language code » de chacune. Dans sa liste de langues, l'espagnol porte
es-es, le catalanca-es, le basqueeu-es. Une boutique en français et en espagnol déclare doncfr-fretes-es: sa version espagnole vise l'Espagne seule. Pour tous les hispanophones, remplacez le code paresdans la fiche de la langue. Le champ n'accepte que deux lettres, éventuellement suivies d'un tiret et de deux lettres :es-419etes_ESy sont refusés. Le thème Classic n'écrit pas dex-default. - Shopify génère les balises à partir des marchés et des langues : langue et pays pour un marché d'un seul pays (
fr-frdans son exemple), la langue seule pour un marché plus large, etx-defaultvers le domaine principal, uniquement pour les marchés qui ont leur propre domaine, sous-domaine ou sous-dossier. Si un thème ou une application ajoute déjà des balises, désactivez celles de Shopify dans Boutique en ligne > Préférences, section « Image de partage sur les médias sociaux et référencement naturel (SEO) ».
Nous n'avons pas testé ces outils dans une installation réelle. Après chaque changement de langue, de domaine ou de marché, ouvrez le code source d'une page et cherchez « hreflang ». Pour la canonical dans ces outils, voyez notre guide de la balise canonical.
Des pages par pays : quand elles valent la peine
Une page es-MX qui ne diffère de la page es-ES que par son étiquette n'apporte rien. Pour Google, des variantes régionales au contenu en grande partie identique dans la même langue sont des doublons, à traiter avec la canonicalisation et hreflang. Bing écrivait en décembre 2025 que localiser veut dire adapter vraiment la terminologie, les exemples, les règles ou les produits. En espagnol, les vraies différences ne manquent pas :
- La monnaie. Selon la liste ISO 4217 publiée par SIX, l'Espagne paie en euros, le Mexique, l'Argentine, la Colombie et le Chili avec leurs propres pesos, le Pérou en sols, l'Équateur et Porto Rico en dollars américains.
- Le tutoiement au pluriel. Selon le Diccionario panhispánico de dudas, « vosotros » s'emploie dans la plus grande partie de l'Espagne, mais pas en Amérique, ni aux Canaries ni dans l'ouest de l'Andalousie, où l'on dit « ustedes ». Dans une version pour tous, évitez « vosotros ».
- Le vocabulaire. Le dictionnaire de la Real Academia Española marque « ordenador » comme propre à l'Espagne et donne « computadora » comme équivalent. Les mots-clés changent aussi ; voyez notre guide de la recherche de mots-clés internationale.
- Les formats, selon les réglages par défaut des logiciels :
| Code | Monnaie | Le nombre 12 345,5 | 15 h 30 |
|---|---|---|---|
es-ES | EUR | 12.345,5 | 15:30 |
es-MX | MXN | 12,345.5 | 3:30 p.m. |
es-AR | ARS | 12.345,5 | 3:30 p. m. |
es-CO | COP | 12.345,5 | 3:30 p. m. |
es-US | USD | 12,345.5 | 3:30 p.m. |
Mentions légales, livraison et retours changent aussi d'un pays à l'autre ; ce n'est pas un conseil juridique, vérifiez pour chaque pays ce que vous devez indiquer. Pour choisir entre domaines nationaux, sous-domaines et sous-répertoires, voyez notre guide du SEO international.
Notre configuration et la liste de contrôle
Nos pages espagnoles portent es, nos pages françaises fr, et x-default renvoie vers la version anglaise. La page d'accueil espagnole porte lang="es". Pour Open Graph, nous écrivons og:locale sous la forme es_ES : le tiret bas y est correct, alors qu'il serait faux dans hreflang. Nous écrivons d'abord pour l'Espagne, avec « tú » et des prix en euros, mais sans « vosotros », puisque es touche aussi l'Amérique latine. Si nous ajoutons un jour des pages par pays, elles recevront leurs codes et notre version pour l'Espagne deviendra es-ES.
Avant de publier vos pages en espagnol :
- Une seule version ?
es, sauf si elle ne sert vraiment que l'Espagne. - Plusieurs pages pays ? Un
esen plus, sur la page qui convient à tous. - Aucun code faux : ni
es-419,es-LA,es-SP,es-EU, nies_ES. - Portugais et catalan à part :
pt-BRpour le Brésil,capour le catalan. - Listes complètes : chaque URL espagnole répond, se cite elle-même et cite toutes les autres, dans les deux sens, avec un
x-default. - Sortie du CMS vérifiée après chaque changement de langue, de domaine ou de marché.
- URL modifiées ? Mettez à jour redirections et hreflang ensemble, comme l'explique notre checklist de migration SEO.
